Après les épisodes caniculaires de l’été et deux interpellations restées sans réponse auprès du Ministère de la santé, le syndicat Jeunes Médecins agit pour que les responsabilités soient établies et que le système de santé soit réellement préparé avant l’été prochain.
La baisse actuelle des températures ne doit pas faire oublier la surmortalité engendrée par la canicule. Depuis le mois de mai 2026, plusieurs épisodes caniculaires ont affecté les structures de santé. Santé publique France a estimé à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit +36 %, tout en précisant que ces données restaient provisoires. Dans une nouvelle synthèse publiée le 25 août, l’agence fait également état d’au moins 1 243 décès toutes causes en excès entre le 3 et le 22 juillet, période correspondant à la troisième canicule de l’année, soit une hausse de 9,2 %.
Dans les hôpitaux, les remontées du terrain font état de services insuffisamment équipés, de matériels parfois inadaptés, de professionnels contraints d’acheter eux-mêmes ventilateurs ou climatiseurs et de reports d’examens et de dépistage, notamment d’imagerie, en raison de la surchauffe des appareils. Ces dysfonctionnements ont exposé patients et soignants à des risques qui appellent désormais des réponses durables.
Des annonces qui doivent maintenant devenir vérifiables. Derrière les effets d’annonce du Gouvernement, le silence du ministère de la Santé Le Gouvernement a annoncé 100 millions d’euros d’aide immédiate aux établissements les plus exposés et 30 000 climatiseurs pour les hôpitaux et les EHPAD — soit environ 20 appareils par établissement au regard des 1 340 hôpitaux publics que compte le pays —, ainsi qu’une enveloppe budgétaire consacrée à la rénovation énergétique. Mais les demandes adressées par Jeunes Médecins les 8 et 17 juillet sont demeurées sans réponse : critères de répartition, calendrier de livraison, adaptation des équipements, capacités électriques des établissements, solutions transitoires et aides destinées aux cabinets libéraux.
Établir les responsabilités et préparer l’été 2027. Jeunes Médecins a déposé une plainte contre X afin que la justice examine les faits susceptibles de relever notamment de la non-assistance à personne en danger et de la mise en danger de la vie d’autrui. Il appartiendra à l’enquête de déterminer si les éléments constitutifs de ces infractions sont réunis. Le syndicat met également en demeure la ministre de la Santé de communiquer les informations demandées et de présenter un calendrier opérationnel d’adaptation des structures de soins.
« Attendre la prochaine canicule serait une faute collective. C’est maintenant, lorsque l’urgence immédiate retombe, qu’il faut tirer les enseignements de l’été 2026, investir et préparer les établissements. À l’été 2027, personne ne pourra dire que les risques n’étaient pas connus. »
Dr Anna Boctor, présidente de Jeunes Médecins
Jeunes Médecins demande que les mois à venir soient mis à profit pour auditer les besoins, répartir les financements annoncés, adapter les réseaux électriques, équiper les lieux de soins et soutenir les médecins libéraux. Les hôpitaux, les établissements médico-sociaux et les cabinets médicaux doivent disposer de solutions concrètes avant l’été 2027.
