LBD : “Si l’œil a été touché, nous ne pouvons rien faire pour le sauver”

LBD : “Si l’œil a été touché, nous ne pouvons rien faire pour le sauver”

Une "balle de défense", c'est plus puissant qu'une boule de pétanque lancée à 10 mètres

Le jeune chirurgien ophtalmologiste Guillaume Debellemanière confirme la dangerosité des lanceurs de balles de défense (LBD), dont les tirs sont selon lui systématiquement fatals pour l’œil quand ils l’atteignent.

Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, 17 personnes auraient été éborgnées par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) , une arme dite sub-létale qui a progressivement remplacé le Flash-Ball dans les rangs de la police. Un chiffre “surréaliste” pour Guillaume Debellemanière, chirurgien ophtalmologiste de 32 ans à la Fondation ophtalmologique Adolphe de Rothschild.

“Des armes sub-létales, mais pas sub-dangereuses”


“Nous avons nous même reçu des personnes blessées par des LBD”, confie-t-il à Jeunes Médecins. “Le problème, c’est que si l’œil a été directement touché, il n’y a absolument rien que nous puissions faire pour le sauver. Nous pouvons seulement refermer les plaies suturables quand il y en a.”

Et ce, pour une raison très simple : “L’œil est un organe très sensible aux traumatismes en général, et aux phénomènes de compression et de décompression en particulier. Or c’est très exactement ce qu’il se passe quand un œil est touché par un tir de LBD. Et il faut bien garder en tête la puissance de ce tir.”

C’est-à-dire 84 joules à 40 mètres. “Plus qu’une boule de pétanque à 10 mètres” précise Guillaume Debellemanière. “A cette distance, 40 mètres, la précision est d’environ 25 centimètres. Alors même si le policier vise le torse, il peut atteindre la tête, et l’oeil. Les LBD sont peut-être des armes sub-létales, mais ce ne sont certainement pas des armes sub-dangereuses.”

Des traumatismes engageant le pronostic vital


Comme plus de 150 000 soignants, le jeune chirurgien ophtalmologiste a signé la pétition du neurochirurgien Laurent Thines, qui réclame un moratoire sur l’utilisation de ces armes. Outre les énucléations, elle déplore des amputations, des fracas maxillo-faciaux et dentaires, et des traumatismes cranio-cérébraux engageant le pronostic vital.