Enquête nationale  : mobilisation post-LFSS, une crise de confiance majeure

Enquête nationale : mobilisation post-LFSS, une crise de confiance majeure


Un médecin sur cinq en rupture, huit sur dix prêts à reprendre la grève :
Jeunes Médecins publie les résultats de sa grande enquête nationale post-LFSS

83 % des médecins en risque de burn-out, 80 % prêts à reprendre la grève : l’enquête qui oblige les pouvoirs publics à agir.

  • 1 363 praticiens interrogés
  • 78,7 % ont fait grève
  • 79,8 % prêts à regrever

Jeunes Médecins publie les résultats d’une grande enquête nationale menée auprès de 1 363 praticiens dans le prolongement direct de la mobilisation contre la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) 2026. Les résultats sont sans ambiguïté : la profession est mobilisée, épuisée, et n’a aucune confiance dans le dialogue avec les pouvoirs publics.

Une mobilisation historique, loin d’être terminée
La contestation de la LFSS 2026 a dépassé les clivages syndicaux habituels. 78,7 % des répondants déclarent avoir participé au mouvement de grève : un niveau sans précédent pour la profession médicale. Plus significatif encore : 79,8 % se disent prêts à se remobiliser si aucune réponse structurelle n’est apportée.

79,8 % des médecins interrogés prêts à reprendre la mobilisation — le mouvement n’est pas clos.

Les freins à la mobilisation parmi les non-grévistes ne témoignent pas d’un désaccord de fond, mais de contraintes matérielles et déontologiques : impossibilité financière, crainte de laisser les patients sans solution. Le réservoir de mobilisation reste donc intact.

Une crise de confiance totale avec les tutelles
Les données sur la confiance institutionnelle constituent le signal le plus préoccupant pour la stabilité du système de santé. Près de sept médecins sur dix (69,5 %) n’ont pas confiance dans le dialogue entre le gouvernement et les syndicats. Pire : 75,7 % n’ont pas confiance dans le dialogue entre l’Assurance Maladie et les représentants de la profession.

« Sans geste politique fort et crédible, aucune négociation ne pourra aboutir. La profession attend des actes, pas des déclarations d’intention. »
— Jeunes Médecins, mars 2026

53,3 % des répondants jugent que la démission du directeur de l’Assurance Maladie serait un signal nécessaire pour renouer la confiance. Ce chiffre illustre la profondeur de la rupture.

83,7 % : le chiffre qui doit alerter les décideurs

83,7 % des médecins estiment que le contexte politique actuel a un impact négatif sur leur santé mentale ou leur risque de burn-out.

Ce résultat ne peut être traité comme un indicateur périphérique. Il dit quelque chose de l’épuisement systémique d’une profession qui continue pourtant d’assurer sa mission. Une profession en burn-out massif, c’est un système de soins qui se fragilise en silence. Jeunes Médecins demande que la santé mentale des médecins soit reconnue comme un sujet de politique publique à part entière.

Des revendications structurelles, pas tarifaires
L’enquête révèle que les médecins ne réclament pas seulement des revalorisations d’actes. Ils demandent des règles plus justes, plus lisibles et plus soutenables : refonte de l’OPTAM (52,2 % favorables à sa suppression), harmonisation des bases de remboursement AMO (65,7 %), réforme du management hospitalier (69 % en font leur priorité en établissement) et assouplissement de l’exercice mixte (59 %).

Jeunes Médecins exige :

  • Réouverture d’un cadre de dialogue crédible avec des engagements vérifiables
  • Fin de l’OPTAM sous sa forme actuelle, ou refonte intégrale
  • Réforme de la gouvernance et du management hospitalier
  • Exercice mixte plus souple et plus attractif
  • Harmonisation des bases de remboursement AMO secteur 1 / secteur 2
  • Reconnaissance de la santé mentale des médecins comme sujet de politique publique

Méthodologie
Enquête nationale en ligne, anonyme, conduite du 16 janvier au 15 mars 2026 auprès de 1 363 médecins (56,1 % de femmes, 44 % d’hommes). Principaux profils : médecine de spécialité (27,3 %), médecine générale (26,6 %), chirurgie (21,5 %). Mode d’exercice : 76,9 % libéral. Les résultats reposent sur des déclarations spontanées et constituent un signal robuste sur le climat de la profession. Données brutes disponibles sur demande presse.

Contact presse

Loubna Slamti

communication@jeunesmedecins.fr

Téléphone : 0767071274