Jeunes Médecins a participé, le 18 mars 2026, à une table ronde consacrée à la proposition de loi visant à accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire. Un texte attendu, dans un contexte de montée des pathologies chroniques, mais qui appelle encore des clarifications sur le fond comme sur la méthode.
Un texte inscrit dans le cadre du plan cœur
Dans le cadre du plan européen de lutte contre les maladies cardiovasculaires, une proposition de loi (PPL n°2309) sera examinée à l’Assemblée nationale le 7 avril 2026. Son objectif est de renforcer la prévention et le dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires, en réponse à un risque sanitaire et social majeur.
À cette occasion, une table ronde réunissant de nombreux acteurs de santé s’est tenue en visioconférence le 18 mars. Jeunes Médecins y était représenté par Anna Boctor et Lucie Saccani, avec la participation de Stephan Lecaplain, professeur d’activité physique adaptée, invité par Jeunes Médecins.
Une initiative saluée, mais un cadre trop restreint
Jeunes Médecins salue l’engagement des pouvoirs publics à faire avancer la prévention. Toutefois, les échanges sont restés concentrés sur le seul cadre législatif, sans permettre une réflexion globale sur l’organisation du parcours de soins, la répartition des rôles entre professionnels et les leviers opérationnels de prévention.
Or, la loi ne constitue qu’un cadre général. Ce sont ensuite les textes réglementaires qui déterminent concrètement les modalités d’action. Pour être pleinement efficace, la réflexion doit porter simultanément sur le cadre et sur les dispositifs opérationnels.
Des angles morts majeurs dans la prévention
Jeunes Médecins a notamment alerté sur plusieurs facteurs de risque insuffisamment pris en compte.
Le tabagisme, en premier lieu, reste un facteur de risque central encore trop peu intégré dans le texte. Au-delà de la sensibilisation, il est indispensable de renforcer l’accompagnement au sevrage, d’allouer des moyens dédiés et de structurer de véritables parcours de prise en charge.
La sédentarité constitue également un enjeu majeur. Véritable fléau de santé publique, elle reste encore trop peu adressée dans les politiques de prévention. Il apparaît nécessaire de promouvoir l’activité physique dès le plus jeune âge, d’accompagner les patients vers une pratique régulière et adaptée, et de mieux reconnaître le rôle des professionnels de l’activité physique adaptée. À ce titre, leur intégration dans les dispositifs doit être renforcée.
Une approche encore trop partielle
La proposition de loi prévoit notamment de nouvelles obligations pour les employeurs en matière de sensibilisation. Cette approche apparaît toutefois insuffisante.
Informer ne suffit pas. Seul un suivi régulier, inscrit dans un parcours coordonné avec des professionnels formés, permet une amélioration réelle de la prévention. Par ailleurs, centrer les dispositifs sur l’entreprise exclut de fait une partie de la population et limite la portée des actions.
Des réserves sur la méthode
Sur la forme, le choix d’un texte volontairement court, dicté par les contraintes du calendrier politique, limite la profondeur des débats et la prise en compte des propositions issues du terrain.
L’écoute des acteurs de santé, pourtant au cœur de la mise en œuvre, apparaît encore insuffisante.
Structurer les parcours : un enjeu clé
Un point fait néanmoins consensus : la prévention ne peut être efficace sans une structuration claire des parcours.
Cela implique une meilleure coordination entre professionnels, une clarification des rôles, une articulation renforcée entre dépistage, suivi et prise en charge, ainsi qu’un financement adapté.
La position de Jeunes Médecins
Jeunes Médecins défend une approche globale de la prévention, fondée sur la valorisation des dispositifs existants, une meilleure coordination des acteurs, l’intégration de l’ensemble des professionnels de santé et des moyens à la hauteur des enjeux.
L’objectif n’est pas de multiplier les obligations, mais de rendre les dispositifs réellement efficaces.
Et maintenant ?
Le texte sera débattu à l’Assemblée nationale dans les prochains jours. Jeunes Médecins restera mobilisé pour porter les propositions issues du terrain, contribuer aux débats parlementaires et veiller à une mise en œuvre cohérente et opérationnelle.
Médecins : faites remonter vos retours terrain
La prévention cardio-neuro-vasculaire est un enjeu majeur de santé publique. Les retours d’expérience des médecins sont essentiels pour améliorer les dispositifs.
Jeunes Médecins invite l’ensemble de la profession à partager ses pratiques, ses difficultés et ses propositions afin d’alimenter les travaux en cours dans le cadre du plan cœur.
